« A la première baffe, barrez-vous »
Une vingtaine de personnalités ont dénoncé la violence faite aux femmes, hier, sur le parvis de l'Hôtel de ville de Paris, lors d'une manifestation organisée par un collectif qui représentait près de 600 associations.
Ce rassemblement, qui a attiré environ 400 personnes sous un ciel gris, était organisé à l'initiative de la productrice Catherine Maheo. En présence d'Anne Hidalgo, adjointe PS au maire de Paris, Nadine Trintignant a donné en quelques mots les raisons de cette manifestation: « dire notre colère de voir encore aujourd'hui des femmes insultées, harcelées, battues, mutilées, tuées par celui qui disait les aimer ».
« Elles ne sont pas seules »
« Nous sommes rassemblées pour que ces femmes battues qui vivent dans la peur sachent qu'elles ne sont pas seules », a déclaré Nadine Trintignant, dont la fille Marie a été victime à l'été 2003 des coups mortels de son compagnon Bernard Cantat, qui vient d'être libéré de prison.
Outre Catherine Jacob, Maria de Medeiros ou Lambert Wilson qui ont lu des textes, Guy Bedos a livré un témoignage très personnel. « J'ai failli moi-même tomber dans l'extrême violence car je me baladais dans la maison avec un couteau quand j'entendais ma mère hurler sous les coups de son mari. J'en plantais la lame dans les portes plutôt que de le planter dans son ventre », a lancé le comédien que l'on entend rarement sur ce registre.
Pour une « tolérance zéro »
La réalisatrice Coline Serreau a souhaité que la violence faite aux femmes devienne une « grande cause nationale ». « Que l'on soit marié ou non, le corps de l'autre ne vous appartient pas », a-t-elle lancé. « Il est souverain, il a droit au plaisir et à la liberté », a-t-elle souligné. « A la première baffe, barrez-vous », a-t-elle dit avant de lire un message d'Antoinette Fouque, cofondatrice de Mouvement de Libération des Femmes en France en 1968, qui demande une « tolérance zéro » pour ces violences.
« Si commettre un crime sur la femme qu'on aime est moins grave que de la commettre sur un étranger, alors je ne comprends pas bien comment fonctionne la justice », s'est interrogée Carole Bouquet. « Certains femmes pensent que par amour elles vont guérir celui qui les maltraite », a-t-elle poursuivi.
« Certaines se sentent coupables parce qu'elles pensent que leur amour n'est pas assez grand pour le soigner de ses souffrances. C'est à ce moment que vous avez besoin des autres parce qu'il faut que quelqu'un vous éclaire, vous protège et vous raconte de nouveau comment fonctionne ce que c'est que d'aimer », a-t-elle conclu sous les applaudissements.
Violences conjugales : lancement du 3919
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